The lots we appraised
Lot n° : 63JAPON - Epoque EDO (1603 - 1868), XIXe siècle
Encre polychrome sur papier, représentant les différentes étapes liées à la chasse à la baleine. Au milieu du dessin, illustration et brève description du lieu sur le rivage, 樫野崎山見, (vue de la montagne Kashinozaki, à Wakayama), la principale région de chasse à la baleine à l’ouest du Japon. Manuscrit signé par l’artiste, 豊田安左衛門春政,Toyota Yasuzaemon, Harumasa, daté Tenpo 2 (1831), conservé dans une boîte moderne. Très légers défauts restaurés. A la fin du manuscrit, de nouveau la date : Tenpo 3 (1832), et le nom du même artiste. Dim. 26.5 x 540 cm
Le début du long rouleau, Figure 1. illustre la vie et le travail des villageois en train d’exploiter la viande, la graisse et l’huile d’une très grosse baleine capturée. Autrefois, lorsque les baleines étaient encore abondantes dans la mer du Japon, l’observation des baleines était une bénédiction pour les habitants des pauvres villageois pêcheurs. Un village pouvait récolter d’énormes quantités de richesse grâce à la viande et à l’huile d’une seule baleine. Les baleiniers repéraient les baleines depuis des postes situés le long du rivage et mettaient des bateaux à l’eau pour les capturer avec des harpons et des lances. Au lieu de tenter de harponner les baleines en pleine eau, neuf bateaux encerclent ici une baleine, Figure 2. la poussant dans des filets.
La baleine, l’animal le plus grand et le plus lourd de la Création, a toujours fasciné l’être humain. Spéculations et fantasmes ont été d’autant plus nombreux que voir une baleine vivante a longtemps été rare. Son histoire est liée à celle de la mer, de la navigation et de la pêche. Mais elle est aussi en relation avec celle des savoirs et des classifications du monde animal. Chassée depuis le Néolithique, la baleine fut cependant mieux connue à partir du moment (au XVIIe siècle) où sa chasse quitta les côtes, les fjords, pour s’exercer en haute mer. De la capture d’une baleine étaient tirés un grand nombre de produits alimentant un commerce fructueux. Une industrie baleinière vit progressivement le jour, mais elle devint si prédatrice qu’il fallut, au XXe siècle limiter les prises et imposer des quotas.
Entre-temps la symbolique de l’animal se modifia. Longtemps ce fut un monstre redoutable, au service des forces du mal. La Bible et la mythologie en faisaient un instrument de dévoration et les bestiaires médiévaux, un attribut du Diable. La littérature moderne ne fut guère plus indulgente, soulignant sa cruauté : c’était l’ogre des océans, tel Moby-Dick, ce cachalot blanc et féroce dont Hermann Melville a raconté l’histoire. Mais plus on avançait dans le temps, plus cette image s’atténua et s’inversa : le monstre marin fit peu à peu place à une créature plus attachante, sinon pitoyable, injustement victime de la cupidité et de la violence des hommes.
L’importance des baleines était considérable au Japon de l’époque d’Edo (1600-1868), pays de tradition bouddhiste où la consommation de viande était interdite, mais où les produits de la mer étaient autorisés.Estimation 6.000/8.000 Euros
Lot n° : 81RÉGION DU GANDHARA - ART GRÉCO-BOUDDHIQUE, IIe/IVe siècle
Sculpture fragmentaire en schiste gris, bouddha debout portant un manteau monastique épais couvrant les deux épaules, sa chevelure ondulée couvrant l’ushnisha. H. 51 cm
Estimation 8.000/10.000 Euros
Lot n° : 106Dzu Hông Tran (Vietnam, 1922-2002)
Cyprins parmi les algues
Signé en bas à gauche Dzu-Hông
Dim. 46 x 61 cmEstimation 6.000/8.000 Euros
Lot n° : 137CHINE - XIXe siècle
Groupe en jade (néphrite) céladon, daims et son petit couchés l’un contre l’autre, tenant dans leurs gueules des branches de lingzhi, le pelage figuré par des étoiles, le dos du daim formant rince-pinceau. L. 12,5 cm
Socle en bois ajouré de rinceaux.Provenance: Collection particulière française, acquis avant 1958
Le daim est un symbole de longévité par sa capacité à vivre très longtemps. Il est également le seul animal réputé capable de trouver le lingzhi, champignon sacré d’immortalité et est ainsi fréquemment représenté le tenant dans sa gueule. Daim en chinois se prononce “lu“, faisant ainsi un jeu de mot avec “lu” signifiant “émolument” ou “salaire officiel”. Ainsi le daim symbolise la fortune associée à la fonction d’officiel. Deux daims associés peuvent faire référence à la phrase de bon augure “Lulu shunli”, ‘Que toutes les routes soient sans encombre”.
Estimation 2.500/3.000 Euros